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Mercredi 26 septembre 2007 3 26 /09 /Sep /2007 09:35
6:45
Elle se hisse du lit et ses os parlent. Ils disent "te fatigue pas grand-mère, ca ne sert plus à rien".
Droit vers la salle de bain. Peinoir. Les profils égyptiens lèvent un sourcil.
Sur son trône, mamie écoute. C'est si calme cet immeuble si tôt le matin.



6:50
Elle se hisse du trône et ses os parlent. Ils disent "te fatigue pas grand-mère, c'est inutile".
Le bidet. Toilette primaire, pour réveil difficile. Le miroire qui se marre.



6:58
Elle sort de la salle de bain, direction la cuisine. Dans le couloir sombre et court, les murs répondent aux os et les tableaux achetés au jeune homme sortit des bas-fond, tu sais, les photocopies couleurs au reflets de Van Gogh encadrées de plastique aubergine, les tableaux s'étonnent "qu'est-ce qu'elle fait debout?" Mamie n'entend pas, dur de la feuille à son âge, faut comprendre.


7:01
La cafetière glougloute et répand son odeur d'habitude.  Elle ouvre un placard en plastique blanc et prend la corbeille en osier. Remèdes du (quel jour sommes-nous?) mardi d'après la boîte à pillules. C'est curieux, mamie aurait juré qu'on était vendredi. Mamie s'assoit. Deux pillules grises, trois cachets blancs, un sachet en poudre dilué dans l'eau, une ampoule à boire cul sec et deux cuillère à soupe d'un sirop orangé. Le plateau. La tasse. La corbeille, un verre, une cuillère. Une tartine. Deux tartines. Mamie baille. La cafetière chantonne, fredonne, murmure et s'arrête. Le café dans la tasse.


7:17
Elle se redresse. Ses os chuchottent "Mamie, ne retourne pas dans la chambre, assieds-toi et réfléchis!"Le plateau. Le couloir. Les tableaux: "la pauvre. La triste. La chère grand-mère".
Mamie s'arrête devant la porte de la chambre, pose délicatement un côté du plateau sur sa hanche et tient l'autre côté fermement. Elle ouvre la porte de la chambre, récupère le plateau de son autre main et entre. Noir puis la lumière du couloir la dirige vers le lit. Elle s'assoit sur la tranche du lit. Elle tend la main vers la lampe de chevet. Pas de ronflement. Pas de bosse dans le lit. Personne. Où est-il? S'est-il levé? Est-il dans sa salle de bain? Aux toilettes?

7:22
"Jeannot?"




"Jeannot?"




"Jeannot?"
Par Aude-Angèle - Publié dans : Chroniques
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Mardi 1 mai 2007 2 01 /05 /Mai /2007 12:39

Je voudrai tant juste pouvoir dire "Ce serait bien si on n'avait pas besoin de travailler". Ce serait bien de pouvoir le dire...

... Et puis il y a la monnaie...

C'est quoi la monnaie?

Ben là bas, si tu veux quelque chose admettons, hé ben tu dois donner de la monnaie pour en avoir...

Même à manger?

Même à manger

Oui mais à manger, c'est pas pareille, si tu manges pas, tu meurs!

Ah, mais ils s'en foutent de ça... T'as pas de monnaie, t'as rien.

 

Désolée de vous faire un peu de politique, mais moi je veux au moins avoir la liberté de travailler lorsque vraiment je ne peux pas faire autrement. Et quand je lis ou entends quelqu'un brailler que le CDI est la liberté du travail, quand j'entends des clameurs s'élever pour glorifier l'idée de suppression des cdd et intérim, excusez moi, mais je ressens de moins en moins ces valeurs prétenduement françaises de liberté égalité et fraternité... Où est la Liberté? A quoi sert l'égalité si on donne autant à une infirmière et à un joueur de foot (aude on donne plus au joueur... ah... pardon...)? C'est quoi la fraternité? Pardon, mais j'oublie ces mots au fur et à mesure des décision de notre aristocratie gouvernementale... Pardon, je me trompe encore de mot, puisqu'aristicratie signifie le pouvoir des meilleurs...

 

Voilà cette chronique est mal écrite et peut être ennuyeuse, simpliste et naïve, mais que voulez vous, je n'ai pas fait l'ENA.

 

Par Aude-Angèle - Publié dans : Chroniques
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Mercredi 25 avril 2007 3 25 /04 /Avr /2007 11:16

Seule dans les nuits de veilles larmoyantes
Vois-tu je me jurais jadis de ne plus essayer
De ne plus jamais laisser quelqu'un entrer dans ma chambre
Quoiqu'il arrive, de ne plus confier mon âme à d'autres

Seule dans le supplice amer de mon dernier échec
Vois-tu je m'étais promis de rester digne et fière
De ne plus regarder, envieuse, les couples solidaires
Quoiqu'il arrive, de ne laisser personne me ronger le coeur

J'avais fermé la porte et bâtis des murailles,
J'avais mis les roses bien à l'abris des yeux
J'avais fermé les miens, mis en cire mes oreilles
Bouche toi le nez et crève, voilà ce que je jurais.

Je croyais n'avoir qu'une parole eners moi,
Je pensais pouvoir vaincre les paradis d'artifices
Je savais ce que je voulais,
Je voulais le moins.

Seule en haut dans ma tour de gel
Je relisais pour y croire mes blessures anciennes
Pour ne pas oublier, pour ne plus me faire prendre
Seule quand la porte a toquée

Si sûre de moi je descends de ma tour
Persuadée que les ronces auront fait reculer
Les amants, les vautours de coeur et de larmes
Si sûre de moi j'ouvre.


Seule dans les nuits de veilles larmoyantes
Vois-tu je me jurais jadis de ne plus essayer
Quoiqu'il arrive, de ne plus confier mon âme à d'autres
Quoiqu'il arrive, de ne laisser personne me ronger le coeur

Et te voilà Toi, Misère que tu es maigre,
Qu'est-ce que tu m'apportes? Ah bon, tes mains nues
Et me voilà qui t'ouvre cette porte
Condamnée pourtant! Comment s'est-elle ouverte?

Et te voilà qui entre, Toi, si riquiqui
Moi qui avais juré de ne plus jamais laisser entrer
Je te regarde, Toi, tranquille, qui passe le seuil
Sans même prendre peine de t'essuyer les pieds

Par Aude-Angèle - Publié dans : Chroniques
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Jeudi 8 mars 2007 4 08 /03 /Mars /2007 17:05

Dans le monde tel que je l’imagine…

 

Il y aura la journée des gens de 1m63. Pour que tout le monde se souvienne que les gens de 1m63 font 1m63.

Les gens de 1m63, ils ont été brimés pendant des années.

Les gens de 1m63, ils sont moins payés que d’autres.

Les gens de 1m63, ils sont beaux, ils sont fragiles, il faut les respecter, ne pas leur taper dessus, ne pas leur faire de mal, les écouter, parce que les gens de 1m63, ce sont des gens comme nous.

Je pense qu’il faudrait un quota de gens de 1m63 dans chaque entreprise. Et aussi, je pense que les gens de 1m63 ont les mêmes droits que les autres gens…

Parce que les gens de 1m63 aussi pleurent et saignent comme nous. Et faut surtout pas qu’on oublie ça.

 

Dans le monde tel qu’il est, on a la journée de la femme…. Pourquoi pas la journée des nègres, et des mongoliens, et des ados, et des frigides, et des énervés, et des cinquantenaires au chômage, et une journée des homos aussi, et une journée des vikings, et une journée des paysans, et une journée des unijambistes et une journée des arnaqueurs, et une journée de tous les gens et une journée de tous les cons, mais ce serait presque la même journée…

 

Tout à l’heure, y’a un type qui m’a dit, « tâchez de passer une bonne journée, d’autant qu’aujourd’hui c’est aussi la vôtre »… Aussi… moi je ne l’aurais pas placé là le « aussi ».

Arrête de m’humilier mec. Je n’ai pas besoin d’une journée pour qu’on me respecte. Le respect on me le doit. Tous les jours. Et si un mec veut me souhaiter la bonne journée, ou si une bonne femme veut m’offrir un baiser de merci, j’ose espérer que ce sera n’importe quand et pas parce que aujourd’hui, ils doivent faire l’effort de constater que je suis une femme et que par ma nature humaine, je suis aimable au-delà d’un calendrier.

 

Par Aude-Angèle - Publié dans : Chroniques
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Jeudi 1 février 2007 4 01 /02 /Fév /2007 11:53

J’rêv’rai d’être une pouf, une star maigre du RNB qui commenc’rait ses clips avec un portable classe clip articulé glissant, de m’croire belle en f’sant des mimiques à la Monroe rattée, de m’balader dans une caisse trop blanche et longue avec des gros gras gars des cartiers durs qui ont réussit.

J’rêv’rai  d’être une garce bête et buttée qu’on aurait envie d’butter pour la tringler sans qu’elle parle, avec des mèches qui s’raient toujours bien placées quand j’rigol’rai avec la tête en arrière pour montrer ma gorge et ce qui s’cache pas trop en d’sous.

J’rêv’rai d’être la classe égoïste qui pense qu’à elle, celle qui en fait baver l’taré qui a osé la plaquer, j’voudrai détruire tout ses disques et lui foutre du laxatif dans son café…

J’rêv’rai d’être piteuse et idiote, de n’avoir d’autre soucis que mon régime, d’être un model pour ceux qui r’garde pas trop dedans, mais plutôt autour, d’être une image et juste ça.

J’rêv’rai de me demander à longueur de vies si j’aurai dû ou pas acheter cette petite jupe peut-être un peu courte…

J’voudrai être débile.

Par Aude-Angèle - Publié dans : Chroniques
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